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mars 15, 2005

Big Mother

Depuis un certain temps, je réalise comment le gouvernement prend toujours plus de contrôle dans ma vie. C'est bien entendu pour mon bien, car le gouvernement considère que ne suis pas assez lucide pour prendre les décisions qui me concernent. La dernière obligation que j'ai à subir est l'assurance médicament obligatoire. Le gouvernement m'oblige à donner 500$ par année aux assurances Desjardins au cas où j'aurais besoin de médicaments sous prescription.

Dans les dix dernières années, je suis allé voir un médecin une seule fois, c'était il y a trois semaines, pour une douleur au dos. Le médecin m'a dit de prendre des Tylenol pendant quatre semaines. Le décompte des médicaments sous prescription que j'ai consommés en dix ans est assez facile à faire: zéro. Si j'avais eu à payer l'assurance médicament obligatoire pendant ces dix dernières années, j'aurai donné 5000$ aux assurances Desjardins sans bénéficier une seule fois de cette assurance.

Je vous entends dire que c'est normal, que j'ai "investi" dans mon assurance et quand je serai plus vieux et que j'aurai besoin de plus de médicaments je vais "rentabiliser mon investissement". Et bien c'est une erreur que bien des gens font et c'est faux. On n'investit pas dans l'assurance, la prime que l'on paie est équivalente au risque que l'on représente pour la durée de la couverture, dans le cas de mon assurance c'est un an.

Je peux illustrer ce fait en vous racontant l'histoire d'une dame qui a une assurance vie de mille dollars. Elle avait souscrit à cette assurance quand elle était dans la soixantaine et elle payait une somme assez faible, aux alentours de 40$ par année. Aujourd'hui, elle a quatre-vingt ans bien sonnés et sa prime est de 600$ par année; plus de la moitié de sa couverture de 1000$. Elle a le choix entre payer 600$ par année ou d'abandonner son "investissement". Dans son cas, si elle avait placé son argent dans un compte à intérêts composés, en vingt ans elle aurait accumulé un beau magot.

Mon cher gouvernement, je suis capable de gérer mes finances. Je place au moins la moitié de mon salaire en épargne à chaque mois; et ce serait plus si vous me n'obligeriez pas à engraisser tous ces parasites. Si j'ai besoin de médicaments, je paierai de ma poche, je fais le pari que ce sera plus rentable.

Alexis de Tocqueville, qui en 1830, a écrit "De la Démocratie en Amérique" avait prédit ce phénomène que Michel Schneider a appelé "Big Mother". Plutôt que de subir le Big Brother imaginé par George Orwell - ce personnage masculin qui contrôle les citoyens par la force et l'oppression - c'est Big Mother qui vous contrôle dans tous vos faits et gestes d'une manière plus passive, c'est le maternage gouvernemental. L'autre jour, j'ai entendu André Arthur appeller ce phénomène, le "gouvernemaman", je dirais qu'il n'y a pas de meilleure manière de l'appeler.

Un article sur ce sujet, écrit par Mathieu Laine, délégué général de l'Institut Turgot a été publié dans l'édition du 21 janvier 2005 du Wall Street Journal Europe et est disponible sur le site du Québécois Libre.

Posted by gfk at mars 15, 2005 8:39 PM

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